le e-learning devient général !

Si la notion de e-learning existe depuis l’apparition d’internet, l’utilisation généralisée dans les entreprises européennes n’est que très récente : 61% des salariés ont bénéficié de ce mode d’apprentissage en 2013 contre 38% en 2008 (source Cegos). En tant que commercial puis chef de projet en formation professionnelle, j’ai pu assister de près à cet envol et voir l’impact des nouvelles technologies dans ce domaine, voici un aperçu.

Le e-learning 2.0 au début

Au milieu des années 2000, le web offre de nouvelles perspectives pédagogiques en entreprise. Si d’aucuns résistent encore en parlant de formation « low cost » et de qualité médiocre, d’autres y voit déjà l’accès à de nouveaux outils d’apprentissage. De leur côté, les responsables RH sont alors sceptiques vis à vis d’un mode d’apprentissage qu’ils trouvent « déshumanisé » mais on est à l’heure du « cost killing » et de la baisse des subventions d’Etat…

Le « blended learning » is king

Le e-learning est alors adopté comme complément de la formation classique en salle, on parle alors de « blended learning » qui associe session avec un formateur « présentiel » et formation à distance. Les dernières enquêtes montrent que les utilisateurs sont globalement satisfaits (et de plus en plus) de ce type de formation « mixé ». Pour le cas du fabriquant automobile Volkswagen, le e-learning est venu compléter en amont la formation des équipes commerciales dans le but de valider les connaissances de bases des stagiaires, permettant au formateur de travailler avec un groupe homogène dès le départ.

E-learning is not perfect

Le e-learning connaît aussi des failles et des limites : de nombreux apprenants abandonnent car n’ont pas la culture du numérique, des bugs informatiques s’ajoutent à la démotivation et certains stagiaires (les managers souvent) font remplir leur Quiz par d’autres collègues (cas de Volkswagen). Heureusement, les nouvelles technologies permettent l’apparition d’outils de plus en plus fiables, attrayants et adaptés.

Les nouvelles technologies pour mobiliser l’apprenant

Aujourd’hui, les solutions e-learning à disposition sont multiformes et souvent complémentaires : vidéo en ligne illustrant un point particulier, illustrations 3D, Serious game (jeux de rôle permettant à l’apprenant d’être un acteur virtuel de son apprentissage), plateforme collaborative permettant d’interagir avec les autres élèves et le formateur en temps réel (synchrone), social learning, mobile learning…tout un ensemble d’outils qui permet aujourd’hui de mobiliser le stagiaire en mode ATAWAD (Any Time, Any Where, Any Device).

DIY (Do It Yourself)

Les technologies récentes permettent aussi à un responsable de formation de créer lui-même, sans l’aide du DSI, des modules internes à son entreprise (DIY) : des éditeurs SaaS comme « Adobe » ou « 360learning » proposent des outils web clé en main : vous enregistrez vos contenus pédagogiques par le biais de videos, images, annotations…en quelques clics vous devenez ainsi l’architecte d’une formation à distance sur mesure sans avoir recours à un quelconque développement.

Les tendances à venir

Les grandes tendances en développement sont le mobile learning et le social learning. La formation sur mobile ou tablette a progressé très fortement dans le processus de e-learning passant de 8% en 2010 à 35% en 2012 (source Cegos). Le social learning ouvre la voie à la formation permanente auto-alimentée par les salariés eux-mêmes via une plateforme dédiée. Ce mode d’apprentissage permet aux collaborateurs d’échanger sur leurs expériences et d’être acteur de leur formation pour un coût relativement bas pour l’entreprise. Malgré l’efficacité reconnue de cette méthode, peu de société y ont encore recours de manière efficace car cela demande une organisation adaptée et un nouveau modèle de management plus collaboratif.

Enfin…

Si les technologies ont permis de réelles avancées dans le domaine de la formation professionnelle, les entreprises ne mettent pas toujours les moyens pour les rendre efficaces : mettre en place une gouvernance claire, une organisation adaptée et un suivi.

Par ailleurs, le formateur qu’il soit interne ou externe à l’entreprise garde un rôle important dans l’animation des sessions afin de soulever des problématiques non perçues par la machine, valider les certifications ou tout simplement mettre à jour les contenus.

Quelques liens pour plus de détails :

les LMS haute couture : http://www.scoop.it/t/formation-digital-by-benjamin-flambert/p/4013724158/2014/01/06/lms-la-formation-collaborative-entre-haute-couture-et-massification

Ma curation dans le domaine de la formation digitale : http://www.scoop.it/t/formation-digital-by-benjamin-flambert

More sur le blended learning : http://www.demos.fr/fr/infos-pratiques/pages/actualite.aspx?NewsId=77

Bilan e-learning en Europe : http://www.elearning-actu.org/bilan-2012-leurope-et-le-e-learning/

Baromètre : http://www.crossknowledge.com/fr_FR/elearning/media-center/news/enquete-elearning.html